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La basilique Saint-Sernin, le plus grand édifice roman d’Europe

La basilique Saint-Sernin, le plus grand édifice roman d’Europe
Parmi les plus beaux monuments de la capitale d'Occitanie, il en est un qui est majestueux et unique en son genre : La basilique Saint-Sernin de Toulouse. Ce superbe édifice se distingue par la richesse de ses ornements sculptés. C’est une église romane, aujourd'hui véritable lieu d’intérêt pour de très nombreux touristes. Mais sa renommée ne date pas d'hier : au début du IXe siècle, c'était l’un des plus importants centres de pèlerinage de tout l’Occident médiéval. Vue du ciel, la basilique prend la forme d'une croix allongée.

La basilique Saint-Sernin au IIIe siècle

Placée sous le vocable de Sernin, ou Saturnin, la basilique de Saint-Sernin est en fait un sanctuaire destiné à abriter les reliques de Saint Saturnin, célèbre évêque de Toulouse au IIIe siècle. Ce dernier mourut traîné par un taureau sur la place du Capitole dans la rue du Taur. La basilique a été bâtie à l’emplacement de sa tombe. Mais pourquoi un tel supplice ? Ce saint, prince originaire de Grèce, parcourut un certain chemin jusqu'à Arles et Nîmes avant de poursuivre sa route vers Carcassonne, Pampelone et enfin revenir vers Toulouse où s'établit son autorité.

Prêchant la foi du Christ, les prêtres des dieux anciens lui demandèrent de sacrifier à l'empereur (digne d'un culte au temps de l'empire) un taureau sur le parvis du temple du forum (actuelle place Esquirol)... Refusant le sacrifice de l'animal, le saint fut condamné à mort. Piqué au vif, l'animal auquel on avait attaché Saturnin s'en fut.  Deux églises célèbrent encore ce martyr, l'église Notre-Dame du Taur (là où le corps de St Sernin se détacha du taureau) et quelques centaines de mètres plus loin, la basilique Saint Sernin de Toulouse (ancienne nécropole).


 
 Le Martyr de St Saturnin, Jean-Louis Bézard, années 1840/50
 
À l’origine, elle n’était qu’un oratoire construit sous l’impulsion d’Hilaire (le premier évêque de Toulouse) pour honorer la mémoire de son prédécesseur. Mais face à la popularité grandissante du sanctuaire, une première basilique a été construite au Ve siècle. Plus tard, elle se transforma en une collégiale tenue par un collège de chanoines, sous la direction d’un abbé.

Les années se succédèrent et l’église devint trop étroite. Avec l’afflux des pèlerins, une nouvelle basilique, plus importante, fut édifiée au XIe siècle. Sa construction débuta en 1078 sous l’égide de l’architecte Raymond Gayrard. En 1096, le pape Urbain II en consacra le chœur. Le transept et une partie de la nef furent achevés en 1180.

Les constructeurs utilisèrent la pierre et la brique pour l’édification. La pierre domine dans les parties les plus anciennes comme le chevet et les portails. Si les soubassements de la basilique sont en pierre, la brique est le matériau qui prédomine dans la construction de l'édifice. Il se trouve que la construction de Saint- Sernin ne fait que poursuivre une tradition architecturale déjà présente à l'époque romaine au temps de l'Ancienne Tolosa. La pierre solide et tout de même coûteuse assure une fondation bien solide, alors que, la terre argileuse présente en grande quantité dans les terres de Toulouse, Albi ou encore Montauban permet la construction en grande quantité de briques.



Il y a certes un souci d'économie, mais surtout la brique est facile à produire, en grande quantité et elle est très résistante. Elle fait en quelque sorte parti des traditions de construction romaine (vous retrouverez quelques traces à Carcassonne, en Italie ou Arles au niveau des termes de Constantin).  Cette petite merveille porte le nom de brique de Toulouse, mais le vrai nom est brique foraine, avec une dimension de 42*28*5 cm. C'est d'ailleurs celle qui est utilisée dans toute la ville.   Maintenant que la brique n'a plus de secret pour vous passons à quelques détails de la basilique.

Quelques détails

 Les toutes premières expérimentations du gothique français eurent lieu dans cette basilique. Saint Sernin est bâtie sur une ancienne nécropole paléochrétienne, ce qui en fait une position stratégique pour construire ce somptueux bâtiment.  L'édifice est avant tout une basilique dont la première architecture reste romane et surtout conserve quelques particularités de ce que l'on pourrait définir comme " style toulousain". Pour commencer, si l'on s'attache à regarder l'extérieur, le clocher de St Sernin est octogonal, mais, autre particularité, chaque baie géminée est surmontée d'un arc dit en mitre (triangulaire et pointu).
Un détail majestueux est la porte sud, dit Portail Miegeville (tournée vers le centre-ville miéja vila en occitan) qui se situe sur le flan sud de la basilique.

Ce portail roman est daté d'entre la fin du 11è et du début du 12è siècle. Pour les parties les plus anciennes du portail il s'agit de marbre, mais surtout de pierre calcaire dont une partie est issue des anciens sarcophages de la nécropole précédente.  Nous pourrions aussi vous parler de l'enfeu (niche funéraire) des Comtes de Toulouse, mais il y a tant à dire !!! L'intérieur de St Sernin est tout aussi remarquable, ne serait-ce que par les cinq travées qui la composent à l'intérieur et convergent toute vers un superbe chœur, la crypte dans laquelle St Sernin aurait été enterré.... Mais ce qui nous reste comme trace de ce glorieux passé, se sont les superbes traces de peintures murales de cette faste époque romane, quand la basilique resplendissait de ses chatoyantes couleurs....

La basilique Saint-Sernin après le IXe siècle

Depuis le IXe siècle jusqu’à la Révolution française, cette église fut desservie par une communauté canoniale. Certains éléments ont été modifiés jusqu’au XVIe siècle.
Après la Révolution, le parvis et les différentes portes de la basilique étaient devenus accessibles. Au XIXe siècle, la basilique fut restaurée par Alexandre du Mège et Viollet-le-Duc


Un grand nombre de chapiteaux furent conservés. Ils sont désormais visibles au musée des Augustins. Après 1878, Saint-Sernin est enfin consacrée comme basilique ; ce n'est plus une simple église collégiale.

Dans les années 1990, la ville de Toulouse a même entrepris une "déviolletisation" du monument en faisant retirer des ajouts de l'architecte Viollet le Duc et remettre de la tuile au lieu de l'ardoise, qui seyait bien mieux à la couler de la brique et surtout redonnait sa touche méridionale au bâtiment.
 
 
 
Dessin de Viollet le Duc pour la restauration

Actuellement, la basilique Saint-Sernin est la plus grande église romane encore sur pied d'Europe. Rénovée et entièrement éclairée, elle est aujourd’hui l’un des plus impressionnants monuments de Toulouse. Elle possède encore près de 360 chapiteaux romans et un bon nombre de fresques. De nos jours, Saint Sernin fait partie des églises dites « à reliques et pèlerinages ».

Visite de la basilique Saint-Sernin

Inscrite au patrimoine de l’UNESCO depuis 1998, la basilique Saint-Sernin, chef-d’œuvre d’art roman, se trouve sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Pour les prochaines vacances, nous vous invitons à vous rendre à Toulouse pour visiter cette magnifique basilique. Profitez de votre voyage pour découvrir les trésors historiques aux alentours.

Une petite balade en famille vous permettra de mieux admirer l’élégance de cet édifice. Laissez-vous charmer par le clocher octogonal caractéristique de l’architecture toulousaine. Ce clocher en briques compte cinq étages.

Typique d’une grande église de pèlerinage, la basilique Saint-Sernin est encore aujourd’hui une étape importante sur les chemins de Saint-Jacques. À l’intérieur, votre attention sera immédiatement captée par les cinq amples nefs voûtées qui convergent vers le chœur ainsi que le baldaquin composé de bois doré et de marbre.

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